(CercleFinance.com) - Les analystes de Crédit suisse ont ce matin fait tourner leurs calculettes à propos d'un fameux serpent de mer minier : l'éventuelle de reprise du géant australo-britannique Rio Tinto (capitalisation actuelle : 72 milliards de sterlings) par son compatriote et numéro un mondial BHP Billiton (capitalisation : 115 milliards de sterlings). Leur verdict : après une tentative avortée et malgré des rumeurs récurrentes, cette opération ne verra certainement pas le jour.
'Nous ne voyons pas BHP lancer une autre offre de reprise sur Rio', affirme le bureau d'études. La co-entreprise annoncée avant l'été par le deux groupes pour l'exploitation de leurs mines de fer d'Australie concentre déjà l'essentiel des synergies que l'on pourrait attendre d'une telle mégafusion. Encore faut-il d'ailleurs que ce projet de joint-venture passe sous les fourches caudines des régulateurs antitrust, ce qui n'est pas certain et poserait encore plus de problèmes dans le cas d'une absorption.
De plus, les actionnaires du géant d'entre les géants miniers ne soutiendront certainement pas une telle opération. 'Nous avons refait les calculs sur la base d'une reprise par BHP Billiton des actions Rio Tinto avec une prime de 30%, soit 2,3 actions BHP pour chaque titre Rio', indique le bureau d'études. Rien à faire, selon lui : l'opération serait fortement dilutive pour les bénéfices de BHP Billiton, dilution qui atteindrait encore 12% trois ans après l'opération. De plus, le ROE (return on equity) de BHP serait divisé par deux, de 25 à 12%.
Enfin, et vu les sommes en jeu, le marché du crédit est sans doute plus en forme qu'il y a un an, mais pas encore assez pour financer une opération portant sur de tels montants.
Crédit suisse parie plutôt, à terme, sur une reprise des rachats d'actions chez BHP Billiton, alors que le groupe devrait s'être débarrassé de sa dette en 2011. Il estime que la prime spéculative dont Rio Tinto bénéficie en Bourse devrait donc disparaître.
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